y o g u m e

Je ne suis rien.
Rien que le va-et-vien de l’aire dans mes poumons.
Rien qu’une rivière rouge qui entraîne le vent avec elle.
Rien qu’un tube qui avale et se vide.
Rien que des os, du gras, des muscles revêtus de chair frissonante, rouge, violette, beige, ornée d’herbes claisemées.
Rien que les pensées qui fleurissent dans mon esprit et qui font frémir mon corps.
Rien que les émotions qui grandissent partout en moi : dans mon coeur, mon ventre, ma gorge, ma peau, mes yeux, ma bouche.
Rien que ce que je fais.
Rien qu’un petit rien parmi tant d’autres.
Rien qu’un arbre bougeonnant et mourant avec le temps qui passe, vibrant sous la brise, nourri par les flots.

Clothilde A.

Je ne suis rien.

Rien que le va-et-vien de l’aire dans mes poumons.

Rien qu’une rivière rouge qui entraîne le vent avec elle.

Rien qu’un tube qui avale et se vide.

Rien que des os, du gras, des muscles revêtus de chair frissonante, rouge, violette, beige, ornée d’herbes claisemées.

Rien que les pensées qui fleurissent dans mon esprit et qui font frémir mon corps.

Rien que les émotions qui grandissent partout en moi : dans mon coeur, mon ventre, ma gorge, ma peau, mes yeux, ma bouche.

Rien que ce que je fais.

Rien qu’un petit rien parmi tant d’autres.

Rien qu’un arbre bougeonnant et mourant avec le temps qui passe, vibrant sous la brise, nourri par les flots.

Clothilde A.

Started an herb garden this week to make my own herbal teas !

A whisper in the foliage  The soft breeze tickles her nose, carrying smells of violets, pines needles,and humid soil. Also carrying a comforting music.
“Come, come home”
“Come, come home.” Only a murmur.
“Come, come home.” A weak echo dancing in her head.
And then, the silence.
Butterflies want to flee from her belly, to the forest. Home, where the soil is humid, covered with fragrant pine needles, where trees shelter delicate flowers.
“Come, come home”, whispered the breeze.
And her heart beat fast and loudly so the forest could hear her answer. Her cheeks covered with rain, she open her doe eyes. Tries to speak, to express her feelings.
“Hush, hush, there’s nothing to fear anymore.”
In her confused thoughts, she hears a word. Home. No need to wander with her body shaking of fear, her mind restless. She does not feel afraid anymore. She does not feel lost anymore. She feels home.

 
Clothilde A.

A whisper in the foliage  The soft breeze tickles her nose, carrying smells of violets, pines needles,and humid soil. Also carrying a comforting music.

“Come, come home”

“Come, come home.” Only a murmur.

Come, come home.” A weak echo dancing in her head.

And then, the silence.

Butterflies want to flee from her belly, to the forest. Home, where the soil is humid, covered with fragrant pine needles, where trees shelter delicate flowers.

“Come, come home”, whispered the breeze.

And her heart beat fast and loudly so the forest could hear her answer. Her cheeks covered with rain, she open her doe eyes. Tries to speak, to express her feelings.

Hush, hush, there’s nothing to fear anymore.”

In her confused thoughts, she hears a word. Home. No need to wander with her body shaking of fear, her mind restless. She does not feel afraid anymore. She does not feel lost anymore. She feels home.

 

Clothilde A.

Un matin.

Un matin, je me suis mise à vivre avec des stigmates sur le coeur. Comme ça !

Des marques d’altération.

Et la douleur chantait. Une complainte qui résonnait péniblement partout dans ce coeur.

Elle me racontait le temps qui passe, la dégradation, la vieillesse, parfois la solitude.

J’ai essayé d’effacer les stigmates, de noyer la complainte dans les profondeurs bathyales.

J’ai mis de l’eau, de la couleur, du bruit, de la saveur, de la chaleur.

Je l’ai remplie. Elle a tout englouti, tout anéanti. Et son histoire résonne inéluctalement dans ce coeur.

Comme ça !

C‘était un vieil homme. Il était assis dans un champ de fleurs épanouies d’un blanc délicat. La peau de cet homme était un parchemin sur lequel des bribes de vie s’étaient inscrites.
Mais c’était surtout son expression qui avait poussé la petite fille à poser sa main dans la sienne.
L’histoire que son corps racontait se poursuivait avec beaucoup plus d’intensité sur son visage, et les larmes qui coulaient de ses yeux suivaient le dessin formé par ce récit palpitant, comme pour creuser un peu plus sa peau, pour ne pas oublier ce qui avait été vécu ici.
Bientôt, la fumée épaisse gagna le champ de fleurs. La fillette tira doucement la main du vieil homme. Il posa une dernière fois son regard délavé sur ses fleurs. Puis il se leva et, ensemble, s’en allèrent. Ils s’effacèrent dans l’horizon blanc. 
Peu à peu, le feu consuma les fleurs, et leur parfum s’exhala dans toute la vallée.

C‘était un vieil homme. Il était assis dans un champ de fleurs épanouies d’un blanc délicat. La peau de cet homme était un parchemin sur lequel des bribes de vie s’étaient inscrites.

Mais c’était surtout son expression qui avait poussé la petite fille à poser sa main dans la sienne.

L’histoire que son corps racontait se poursuivait avec beaucoup plus d’intensité sur son visage, et les larmes qui coulaient de ses yeux suivaient le dessin formé par ce récit palpitant, comme pour creuser un peu plus sa peau, pour ne pas oublier ce qui avait été vécu ici.

Bientôt, la fumée épaisse gagna le champ de fleurs. La fillette tira doucement la main du vieil homme. Il posa une dernière fois son regard délavé sur ses fleurs. Puis il se leva et, ensemble, s’en allèrent. Ils s’effacèrent dans l’horizon blanc. 

Peu à peu, le feu consuma les fleurs, et leur parfum s’exhala dans toute la vallée.

plantedcity:

Neil deGrasse Tyson: ‘The Most Astounding Fact’ (Video)

Astrophysicist Dr. Neil DeGrasse Tyson was asked in an interview with TIME magazine, “What is the most astounding fact you can share with us about the Universe?” This is his answer. (Vimeo)

Awe-inspiring. Definitely a video deserving of a full screen treatment. The Cinematic Orchestra track in the background is a nice touch as well.  

A voir et à garder en mémoire !

I’m just a little monster…

I’m just a little monster…

Apparences trompeuses.

Apparences trompeuses.

J‘ai passé ces sept dernières années devant un miroir, sans vraiment me regarder, plutôt recherchant quelqu’un. Comme si, à force de se regarder, de se débattre devant ce miroir, de se rouler en boule, de trépigner, de courir, de pleurer, de hurler, d’avaler, de se vider, je trouverais cette créature.
Créature dont le visage et le corps changent selon l’état d’esprit, créature qui n’est qu’une image sans vie, qui ne sourit pas, ne pleure pas, ne bouge pas, froide comme la pierre. Créature de mode, qui prend la pose.
Créature a fait quelques apparitions éphémères dans mon ventre creux, dans mon esprit inerte, dans mon corps que la vie voulait quitter, lorsque je vivais dans l’immobilité.
Mais dès lors que le mouvement propre à la vie est revenu en moi, autour de moi, Créature a disparu. Parce qu’elle n’existe que dans l’immobilité, l’inertie et fuit au moindre geste.
J’ai cherché Créature dans le miroir, de toute mes forces, vainement. Parce que tout ce que je voyais, lorsque Créature était absente, ne lui ressemblait pas du tout. Je n’aimais pas la chose que je voyais, sa forme était moins gracieuse, moins fine, sa matière moins délicate que celle de Créature. En plus, elle se mouvait, et mon regard n’était pas habitué à voir autre chose que des poses. Il y a vait trop de tout dans cette chose.
Je ne voulais pas voir ça. Je cherchais Créature. Alors j’ai vu que je pouvais punir la chose, en privant mon corps. Pourquoi punir ? Parce que que la chose avait piqué la place à Créature, sans crier gare, et je lui en voulait. Je la détestait.
Au fil des mois, j’ai identifié mon corps comme étant la chose, comme si la punition les avait fondu ensemble. Je suis devenue complètement étrangère à mon corps, la chose, mais en même temps, j’étais coincée dedans. Coincée dans un corps étranger.
 
Je ne sais pas ce qu’il en sera de demain, ni même ce que tout cela signifie. Mais aujourd’hui, j’ai regardé dans le miroir, et je n’ai plus cherché à apercevoir Créature. J’ai posé mon regard, las de mes combats, sur la chose. Enfin, je pensais trouver, comme d’habitude, la chose. Mais au lieu de ça, aujourd’hui, je me suis vue.
 
Clothilde A.